Pensées autour des “Difficiles libertés”

Le prochain festival Les Passeurs de Livres en 2026, porté par l’association 4AH, aura comme thème les « Difficiles libertés ». Cet article inaugure une nouvelle rubrique dans le webzine de notre site internet : la libre parole.

Aucune liberté ne s’offre. Elle se gagne toujours, avec courage. Parfois elle se perd. Souvent à cause de ceux qui en parlent le plus… pour eux mais en privent les autres à la moindre occasion.

Stone statue of philosopher Socrates sitting in thoughtful pose in Athens, Greece under a clear blue sky.
Statue de Socrate à l’Académie d’Athènes building à Athènes, Grèce.

Souvenez-vous des vers d’Aragon : « Rien n’est jamais acquis à l’homme : ni sa force, ni sa faiblesse ni son cœur ; et quand il croit ouvrir ses bras, son ombre est celle d’une croix ; et quand il croit serrer son bonheur, il le broie… »

C’est dans la conscience de cette précarité que naît la vigilance, la solidarité, la volonté de ne pas laisser les autres (ou soi-même) sombrer dans l’illusion ou l’oppression.

Se libérer de soi

La première de nos chaînes est intérieure : elle s’enroule autour de nos peurs, de nos désirs, de nos habitudes. Être libre, c’est d’abord se libérer de soi : de l’enfant qui réclame, de l’adulte qui obéit, du croyant qui espère et du citoyen qui se soumet sans réfléchir. Être libre, c’est se dresser contre les réflexes et les certitudes, ces prisons invisibles où l’on se complaît sous prétexte de sécurité.

Socrate fut sans doute le premier à montrer que la liberté commence là où la peur cesse. Mais la liberté véritable ne se confond ni avec le caprice ni avec la révolte vaine. Elle suppose un combat silencieux, une exigence de lucidité. Elle se nourrit de doutes, de chutes, de recommencements. L’esprit libre marche seul, souvent, car il ne cherche pas l’approbation : il cherche la vérité, même lorsqu’elle blesse. Il sait que la vérité ne se possède jamais tout entière, qu’elle n’est qu’un horizon fuyant, mais il avance malgré tout, non pour vaincre, mais pour comprendre.

Quel chemin vers la liberté ?

Être un esprit libre, c’est refuser d’être possédé, fût-ce par ses propres idées. C’est consentir à la complexité du monde sans s’y perdre, à la différence sans s’y dissoudre. C’est pouvoir dire « non » sans haine ou « oui » sans servitude. Être un esprit libre c’est être un rebelle pacifique, non par provocation, mais par fidélité à une pensée authentique et affranchie des conventions sociales, des modes idéologiques, culturelles et cultuelles. Ainsi, la liberté n’est pas un état, mais une marche. Une marche contre soi, contre le troupeau, contre la pesanteur des conformismes. Et pourtant, c’est dans ce combat que l’homme se découvre pleinement humain : car il n’est de dignité qu’à travers la recherche obstinée de la vérité par une conscience éveillée.

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